Aalia Adam: Jeune professionnelle notable du jour

Résumez en quelques mots votre travail. En quelques mots, je rapporte des histoires essentiellement à la télévision. Je suis journaliste à la pige pour la chaîne Global Montreal. Je relate toutes sortes d’histoires provenant des quatre coins de la ville et sers de médium pour les gens afin qu’ils puissent se faire entendre.

Pourquoi avez-vous commencé à travailler pour cette compagnie? Quelle fut l’inspiration de ce choix de carrière? En cinquième secondaire, je suis partie en Afrique pour faire un documentaire sur le SIDA/VIH comme projet personnel. Mon but était de démontrer des faits accompagnés d’un visuel, afin de sensibiliser les étudiants de mon école à un problème important dans le monde. C’est alors que j’ai su que je désirais poursuivre une carrière dans les médias, mais je ne savais pas par où commencer. Lorsque je suis arrivée au Cégep, j’ai appliqué à toutes les stations de nouvelles à Montreal, et la seule qui a ouvert ses portes à la jeune fille enthousiaste de17 ans, fut Global Montreal. L’équipe a eu la gentillesse de me laisser les accompagner 2 à 3 fois par semaine dans mes jours de congés, m’a appris les ficelles du métier de journaliste, et m’a finalement embauchée comme pigiste lorsque j’ai commencé l’université. J’y suis depuis et je n’ai jamais été plus heureuse que de travailler avec des gens que je considère comme ma famille, mes mentors et mes collègues.

Quelle est la meilleure partie de votre travail sur une base quotidienne? Quelle est la plus laborieuse?  La meilleure partie de mon travail est d’avoir la possibilité de toujours parler à des personnes différentes. Tous les jours on m’assigne des histoires qui me permettent de rencontrer de nouveaux Montrealais intéressants et excitants et de divulguer leurs histoires. La partie la plus difficile est de me détacher de certaines histoires touchantes et de rester professionnelle. Pour moi, les histoires les plus difficiles sont celles lorsque je parle à une famille qui a perdu un être cher dans un accident tragique, ou lorsque je parle à une communauté qui a connu une immense perte; par exemple au Lac Mégantic. Bien qu’il soit difficile de rester flegmatique pendant ces entrevues, ce sont ces histoires qui touchent le plus le cœur des gens et qui les font apprécier, moi inclue, ce qu’ils ont et ceux qu’ils ont dans leur vie.

Quel est le signe que votre équilibre travail / vie est absent? Dans le monde des médias, vous devez toujours être « on ». Un signe que mon équilibre travail/vie est absent serait quand j’ai du mal à me mettre à « off » après le  travail. C’est difficile, car j’ai l’impression que je dois toujours être au courant de la dernière nouvelle – même si ce n’est pas vrai. Chaque fois que je marche dans la rue et que j’entends une ambulance ou les pompiers, cela pique ma curiosité instantanément et je dois savoir ce qui se passe. Je suis constamment à vérifier les mises à jour Twitter et Facebook pour rester à l’affût de l’actualité. Alors parfois, quand je suis avec mes amis ou mon copain et que ceux-ci se fâchent, ce déséquilibre est clair. C’est alors que je me rappelle que je dois déconnecter et vivre le moment présent.

Où vous voyez-vous dans 5 ans? Dans cinq ans, j’espère animer ma propre émission où je pourrai interviewer différentes personnes aux histoires intéressantes. La ville regorge de personnalités et de mon point de vue, tout le monde a une histoire à raconter qui peut en inspirer d’autres.

Quel est le plus grand défi que vous avez eu à surmonter dans votre carrière? Comment l’avez-vous surmonté? Un défi majeur que j’ai eu à surmonter en tant que journaliste était de m’approcher des gens dans la rue pour leur poser des questions aléatoires. Dans le monde des nouvelles, nous appelons cela un « vox-pop » où nous demandons au public de se prononcer sur un sujet particulier. Au début, je trouvais très difficile d’arrêter les gens dans la rue et de me faire ignorer ou de me faire regarder de travers. Mais plus j’ai eu à le faire et meilleure je suis devenue. Maintenant, plutôt que d’aborder les gens avec un “hey, vous avez une minute?” (Car apparemment peu  en ont), je leur jette la question directement. Certaines personnes se sentent tout simplement plus enclines à répondre même si elles s’éloignent en marchant tout en parlant!

À quoi ressemble la réussite pour vous? Est-ce qu’argent = bonheur? Pour moi la réussite est d’avoir la capacité d’inspirer les gens autour de soi. Ce n’est pas le montant d’argent que vous gagnez qui importe, mais bien le nombre de personnes de votre communauté que vous arrivez à faire sourire et dire : « oh! Je ne savais pas ça! ». Enseigner aux autres, en particulier aux jeunes, sur ce qui se passe autour d’eux est l’une des choses les plus importantes que vous puissiez faire. Ils peuvent ainsi être au courant et motivés à créer du changement sur des sujets qui les touchent le plus.

Quel est le souvenir le plus mémorable de votre carrière? Le souvenir le plus mémorable de ma carrière est lorsque j’ai couvert les funérailles de Nelson Mandela en décembre dernier. J’ai pris l’avion pour l’Afrique du Sud dès l’instant où j’ai entendu qu’il était décédé. Le simple fait d’être là avec le monde entier pour pleurer la perte d’une personne aussi influente était absolument surréaliste. Toutes mes entrevues ont été faites à partir de mon iPhone, puis éditées sur ??mon ordinateur portable pour ensuite être envoyées et être diffusées à Montreal. Cette semaine-là, j’ai acquis de nombreuses nouvelles compétences et vu de mes propres yeux combien une personne pouvait être influente pour toute une nation

Avez-vous un conseil à donner aux autres jeunes professionnels? Mon conseil aux jeunes professionnels est quelque chose que je vis chaque jour: toujours suivre son instinct. Si vous avez une passion, faites tout en votre pouvoir pour la poursuivre. Même si certaines personnes peuvent penser que vous êtes trop jeune ou trop inexpérimenté, et même si cela signifie se faire claquer des portes au nez – ne lâchez pas. À la fin, vous serez exactement là où vous étiez destiné.

Quel est votre restaurant préféré en ville et pourquoi? Honnêtement, je vais à n’importe quel endroit dont mon frère, Le Méchant Mangeur, parle sur son blogue. Mais mon endroit préféré où relaxer avec mes amis est définitivement le bar à shisha, Shahrazad, sur Crescent.

Lorsque vous ne travaillez pas, comment aimez-vous passer votre temps? J’aime beaucoup regarder des films, peu importe le genre. Ma liste ne cesse de croître et chaque année je me fais un devoir de regarder tous les films nominés aux Oscars pour les meilleures images afin de m’assurer que je ne manque rien!

Quelle est votre destination voyage préférée? Pourquoi? L’endroit le plus incroyable où je suis allée est mon pays natal, l’Inde. Plus particulièrement, Mumbai; probablement la ville la plus loufoque au monde. Les gens, la nourriture, la mode, les activités, les sites et bien sûr les odeurs vous font oublier où vous êtes, c’est tout simplement hors du commun.

Si vous deviez choisir une chanson thème, quelle serait-elle? All you need is love – les Beatles.

Si vous ne faisiez pas ce que vous faites, que feriez-vous? J’essaierais fortement de percer dans mon domaine. Et je serais probablement une actrice qui fait des voix– j’adore faire passer des émotions.

Appuyez-vous un ou des organismes de bienfaisance? Si oui, lequel ou lesquels et pourquoi est-ce important pour vous? Je n’en appuie pas un en particulier, mais je donne à ma mosquée locale et lorsque je visite ma famille en Afrique j’apporte des sacs de vêtements et envoie des dons aux familles dans le besoin.

Qu’est-ce qui est notable pour vous? Quelqu’un de passionné par ce en quoi il croit et qui fait ce qu’il aime le plus au monde.

BlackBerry, iPhone, Android, ou autres? Entièrement iPhone!